Pour le vice-ministre russe des Affaires étrangères, «en Syrie, la lumière est là mais il n’y a pas encore de tunnel»

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Alors que les opérations de reconquête du régime de Damas arriveront bientôt à leur terme, Mikhaïl Bogdanov, vice-ministre des Affaires étrangères russe, appelle toutes les parties syriennes à accélérer le processus politique

Le retrait des armes lourdes des groupes islamistes de la future « zone démilitarisée » dans la province d’Idlib, au nord-ouest de la Syrie, a débuté ce week-end. Présent en Grèce pour participer au Forum de Rhodes sur le dialogue des civilisations, Mikhaïl Bogdanov, vice-ministre des Affaires étrangères russe, s’est confié à l’Opinion. Le « M. Moyen-Orient » de Vladimir Poutine dresse la feuille de route syrienne et fait le point sur les crises de la région.

Pensez-vous que la zone de démilitarisation négociée entre les présidents Poutine et Erdogan dans la région d’Idlib, en Syrie, va pouvoir être mise en œuvre ?
Si nous ne le pensions pas, nous n’aurions pas signé un mémorandum avec la Turquie. Ce mémorandum spécifie tous les paramètres du retrait des forces en présence dans la zone.
Le président Erdogan a-t-il suffisamment de pouvoirs pour imposer cette démilitarisation aux groupes djihadistes radicaux ?
C’est un homme sérieux. S’il accepte une obligation, il sait qu’il doit la remplir. Il en va de sa réputation. Les manquements seraient trop lourds à supporter dans le cas contraire.
L’implication russe dans la crise syrienne constitue un grand retour politico-militaire au Moyen-Orient. Comment voyez-vous la fin du film ?
Le narratif de ce film est écrit par les Syriens eux-mêmes et doit continuer à l’être. C’est le sens de la résolution 2 254 adoptée en 2015 à l’unanimité des membres du Conseil de sécurité de l’ONU. Cette résolution a tenu compte des pourparlers initiaux entre les représentants du pouvoir et de l’opposition à Genève et à Vienne, ainsi que des recommandations des pays arabes, de la Turquie, de l’Iran. Je ne peux vous…